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| Le film Contexte Objectifs Suggestions didactiques Suggestions pour la poursuite Matériel pédagogique Sites Internet Adresses utiles |
Les T-shirts poussent bien en Afrique Coton bio une chance Réalisation, scénario : Hans Haldimann Documentaire, DVD, 25 minutes Langues : français, allemand Dès l‘âge de 14 ans |
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| Contenu
Ce film nous invite à suivre le voyage d’un T-shirt. Les spectateurs et spectatrices apprennent comment le coton est cultivé au Mali, manufacturé en Inde jusqu’à ce qu’un t-shirt puisse être mis en vente dans un ma-gasin en Suisse. Ce film donne un aperçu très clair de la filière de production et de commercialisation du coton. Il met l’accent sur les avantages du coton bio et du commerce équitable. Un paysan et une paysanne du Mali expliquent pourquoi ils ont opté pour la culture du coton bio bien que beaucoup de leurs collègues aient accueilli initialement leur idée avec un certain scepticisme. Le film fait apparaître que les femmes sont les premières à bénéficier de la culture du coton bio car elles améliorent ainsi leurs conditions de vie de manière importante et acquièrent une plus grande indépendance. En adoptant le style d’un reportage traditionnel, ce film illustre les rapports complexes de la production et du commerce du coton bio sur le marché mondial de manière aisément compréhensible et simple. Il est axé principalement sur le projet pilote de culture de coton bio au Mali qui a démarré en 2002 grâce à la collaboration de l’ONG suisse Helvetas, du Secrétariat d’Etat à l’économie (seco), de Switcher, de la Migros et de la Compagnie Malienne du Développement des Textiles (CMDT) et de l’organisation de producteurs « Mobiom » au Mali. Ce projet est considéré comme une grande réussite et a été repris dans de nombreux pays. La particularité de ce projet réside dans le fait que le circuit de production est fermé et que tous les intéressés y sont impliqués. Cette démarche empêche l’éventuelle menace exercée par les forces économiques dominantes du marché mondial et augmente la sécurité financière de tous. Ce film a été réalisé à la demande d’Helvetas. Comme ce film a été commandé par l’organisation, les pro-jets de culture de coton bio sont présentés de manière très positive et peu critique, mais ceci ne diminue en rien la valeur informative du film. Ce film a été utilisé à diverses reprises en relation avec l’exposition conçue par Helvetas intitulée « Coton bio & équitable » et a suscité un écho très positif dans le public. Le coton La zone propice à la culture du coton appelée aussi « Cotton belt ceinture cotonnière » s’étend tout autour du globe. La plante arbustive qui appartient à la famille des malvacées pousse de préférence dans un climat tropical ou sub-tropical. Les fleurs de couleur blanche, jaune ou rose donnent des fruits, des capsules de la taille d’une noix qui contiennent cinq ou six graines recouvertes d’un fin duvet. Pendant la croissance, les fibres de coton sont retenues ensemble dans une petite loge et apparaissent au moment de la maturité sous la forme de boules blanches. Une fois ouvertes, les capsules contenant le coton sont cueillies à la main ou à la machine. Quand les fibres ont été séparées des graines (égrenage), le coton est pressé pour former des balles, puis conditionné pour la manufacture. Sur les plus de 300 espèces de coton qui existent, seules quatre sont utilisées à des fins économiques. Certaines espèces sont particulièrement sensibles aux ravageurs et aux variations climatiques, ce qui explique l’utilisation importante de pesticides. Le champ d’utilisation du cotonnier est colossal. Ses fibres permettent de fabriquer du tissu pour les vête-ments, du fil à tricoter, mais aussi des tapis, des rideaux, des torchons ou des pansements. La cellulose est transformée en papier, tandis que les graines et la coque des graines (leur enveloppe) permettent de produire de la laque, de l’huile, de l’engrais ou d’autres dérivés. Les tissus en coton les plus anciens que l’on a retrouvés proviennent probablement du Mexique (env. 6000 av. J.-C.). D’autres sources indiquent que le coton était utilisé en Egypte (12000 av. J.-C.). Entre 3500 et 2500 av. J.-C., de fins tissus en coton (mousselines) étaient aussi fabriqués en Inde ; ils furent essentielle-ment livrés par bateau à Babylone. Au moment où l’Inde fabriquait déjà des cotonnades de façon indus-trielle (1500 av. J.-C.), la Chine apparut comme un nouveau centre de culture du coton en produisant un tissu de haute qualité composé de soie et de coton. Les campagnes d’Alexandre le Grand au 3e et au 4e siècle permirent au coton de s’introduire en Iran et, plus tard, dans l’ouest de la Turquie. Ce n’est qu’au Moyen Âge que le coton toucha les grands centres commerciaux européens. Au 16e siècle encore, les vêtements en coton étaient considérés comme des biens de luxe. Aux environs du 17e siècle, le coton gagna l’Amérique. Il était cultivé et cueilli en majorité par des esclaves africains puis transporté par bateau vers l’Angleterre pour la manufacture. La révolution industrielle au 18e siècle, l’invention de la machine à vapeur et du métier à tisser abaissèrent les frais de production, si bien que le prix du coton devint plus accessible. Le coton fait partie aujourd’hui des fibres naturelles les plus importantes du monde. En dépit de l’utilisation accrue de fibres artificielles depuis 1960, près de 50% des produits textiles achetés en Europe sont composés de coton. La diffusion du coton dans le monde ne peut pas être dissociée du colonialisme ; elle est donc marquée par l’oppression politique et l’exploitation économique et écologique. Aujourd’hui encore, le coton détermine la vie de millions de personnes tout autour du globe. Qu’il s’agisse de jeans, de saris ou de sous-vêtements, le coton fait partie des nos uniformes quotidiens et on ne pourrait concevoir le marché mondial sans lui. Le coton sur le marché mondial Avant d’arriver dans notre armoire, un T-shirt fait un long voyage. Ce voyage pourrait commencer au Mali où le paysan cultive le coton et le cueille. Comprimées pour former des balles, les fibres sont par exemple transportées en Inde où le coton est filé puis tissé. En Italie ou en France, des stylistes conçoivent des mo-dèles pour la couleur et l’impression du tissu. Le t-shirt est ensuite cousu en Pologne ou en Tchéquie d’où il est expédié en Suisse pour prendre place sur les rayons des magasins. Le T-shirt ne reste généralement qu’une saison dans notre armoire ; ensuite, il part pour la collecte de vieux vêtements éventuellement à destination du Mali. Le « cycle du coton » est alors achevé ; il se caractérise par une chaîne de création de valeur unilatérale : les étapes qui nécessitent beaucoup de capitaux (filature, tissage, teinture, couture) se déroulent généralement dans les pays à bas salaire, dans les zones franches. Les employés souvent des femmes et des enfants travaillent fréquemment dans de très mauvaises conditions financières, sociales et sanitaires. Ce sont les nombreux intermédiaires et les pays industrialisés riches qui réalisent le plus gros gain. Par leurs affaires, ils déterminent le prix du coton à la bourse du coton de New York. La chaîne de pro-duction de l’industrie du coton s’étend sur l’ensemble du globe et représente un chiffre d’affaires annuel d’environ 250 milliards de dollars états-uniens. En raison de leur puissance sur le marché, les grandes entre-prises déterminent les prix d’achat qui baissent d’année en année et contraignent leurs fournisseurs à reporter la pression sur leurs employés. Les droits des travailleurs reconnus par l’Organisation internationale du travail se trouvent bafoués. Depuis la fin des années 1960, on assiste à une internationalisation toujours plus grande des industries qui exigent beaucoup de main-d’œuvre et ont des charges salariales élevées. Des entreprises actives dans divers pays se sont mises à sélectionner, sur l’ensemble du globe, des emplacements optimaux pour abaisser leurs coûts. Les facteurs prépondérants pour décider d’un emplacement sont aujourd’hui encore un niveau de salaire bas, l’existence (ou plutôt la non-existence) de syndicats, la stabilité du système politique (d’où une préférence marquée des investisseurs pour les dictatures), les réglementations (absentes) concernant le droit du travail et autres. « L’or blanc » laisse donc des traces partout : dans les champs des cultivateurs de coton, dans les fabriques parmi les couseuses ou sur les articles de marque dans les magasins de luxe. Coton bio et commerce équitable Pour l’industrie du vêtement, le coton est l’une des fibres les plus attractives. Les tendances de la mode qui changent continuellement et, de ce fait, la demande colossale de coton, entraînent dans de nombreux pays le développement de monocultures gigantesques et une consommation extrêmement élevée d’énergie, d’eau, d’engrais et de pesticides. Les semences sont déjà traitées chimiquement contre les champignons et les bactéries. L’irrigation et les engrais servent à accélérer la croissance et la maturation. Les hormones vé-gétales garantissent la maturation simultanée de toutes les capsules et les défoliants facilitent une récolte efficace à l’aide de machines. Ces mesures ont pour effet d’élever à court terme le rendement du coton ; mais à long terme, la facture risque d’être élevée : les sols pollués par les pesticides perdent leur fertilité et doivent recevoir encore davantage d’engrais. En raison des produits chimiques, les travailleurs doivent s’attendre à avoir des problèmes de santé. En plus de cela, beaucoup de paysans s’endettent pour se procurer les engrais coûteux et s’enfoncent dans la débâcle financière et des situations de dépendance extrêmes. La culture de coton bio est une alternative pour réduire la pollution de l’environnement et les nuisances infli-gées aux humains. Lors de la culture de coton bio, seuls sont utilisés des moyens entièrement naturels (par ex. fumier de vache et graines du neem, un insecticide naturel). Au lieu de monocultures, la culture bio se pratique sous forme d’alternance (par ex. maïs ou soja) si bien qu’il est possible de renoncer aux engrais minéraux pour entretenir l’humus. La production du coton bio suit les directives du commerce équitable. Ces dernières exigent par exemple des salaires minimaux, le respect des dispositions concernant la protection du travail, la garantie des prestations sociales et la réalisation simultanée de projets de formation. Le coton est acheté aux paysans et aux paysannes à un prix fixé à l’avance, et ils reçoivent en supplément une prime bio et « fair trade ». La hausse est répercutée sur le prix d’achat dans les pays industrialisés. Cela repré-sente, pour la clientèle, environ 30 centimes sur le prix d’un T-shirt. Ce sont particulièrement les femmes qui profitent de la culture de coton bio : elles étaient généralement ex-clues de la culture conventionnelle car elles n’obtenaient pas de crédits de la part des banques pour se pro-curer les engrais coûteux. Par ailleurs, le travail relatif au coton bio est beaucoup moins nocif pour la santé que le travail au contact de coton traité à l’aide de pesticides. Les projets de formation permettent en outre aux femmes de s’approprier des compétences dont elles ont besoin pour faire du commerce ; de surcroît, elles acquièrent une plus grande indépendance économique. Malgré la réussite des projets dans de nombreux pays, le coton bio occupe encore une part relativement faible sur le marché mondial. Sur les 20 millions de tonnes de coton produites, le coton bio ne représente que 18'000 tonnes, donc moins d’un millième. Mais les entreprises coopératives et privées ainsi que les gros distributeurs sont de plus en plus nombreux à introduire du coton bio dans leur assortiment (par ex. la Coop, la Migros, Switcher, Pfister Meubles et d’autres). Et dans les pays industrialisés, la demande de coton bio augmente constamment ; elle est même si importante que le marché actuel n’est pas en mesure d’y répondre. Certaines entreprises ou des gros distributeurs jouent un rôle essentiel dans la promotion du coton bio. Ils donnent un signal clair en faveur d’un développement écologique, social et durable et obtiennent ainsi des avantages sur le marché. La Coop par exemple a joué un rôle de pionnière en 1993 en lançant sa ligne textile « naturaline » et selon ses propres informations, elle serait aujourd’hui le plus gros distributeur mondial de produits textiles en coton bio issus du commerce équitable. Plus de 1'400 tonnes de coton bio sont transformées chaque année en produits textiles pour la Coop. En 2006, la proportion des produits « naturaline » sur tous les textiles de la Coop atteignait 48%. Son objectif à moyen terme est de proposer uniquement des produits textiles en coton bio.
Suggestion 1 : le voyage du coton (2 leçons) Préparation avant de voir le film (20 minutes) Les élèves cherchent sur leurs vêtements des étiquettes portant la mention « made in… ». Ils indiquent la provenance sur une carte du monde (à l’aide d’épingles ou de petits post-it). Etudier plus précisément cer-taines pièces d’habillement par petits groupes (par ex. chemise ou chemisier en coton, bottes en cuir, pull ou jaquette en laine, casquette de base-ball). Discussion : en quelle matière ces vêtements ont-ils été fabri-qués ? D’où proviennent les différents éléments qui les composent ? Y a-t-il des matériaux qui ne provien-nent pas du pays indiqué sur l’étiquette « made in… » ? En fonction du temps à disposition, effectuer des recherches sur Internet à propos de la signification de « made in ... ». Regarder le film (25 minutes) Travail après avoir vu le film (45 minutes) Chercher par petits groupes sur la carte du monde les pays et les localités mentionnés dans le film (Mali : Yanfolila, Bougouni, Bamako. Inde : Tirupur. Suisse : Zurich). Noter ces lieux sur une affiche et essayer de les classer en fonction de la chaîne de production (Pour faciliter la tâche : indiquer éventuellement les lieux mentionnés). Attribuer à chaque localité/pays les étapes de travail présentées dans le film et les noter. Com-pléter les affiches après un premier examen en plénière : quelles sont les étapes de la production que le film ne mentionne pas (par ex. fabrication de la teinture, impression, conception des tissus et des vêtements) ? Où et quand pourraient-ils avoir lieu ? Où va le t-shirt après la vente (par ex. armoire, collecte de vieux vêtements, poubelle, etc.) ?
Suggestion 2 : « Bio ou pas bio ? » telle est la question (3 leçons) Préparation avant le film (15 minutes) Consigne préalable : chercher dans les magasins et au marché des produits bio et des labels bio ; en prendre note ou les dessiner pour les montrer. L’enseignant/le responsable peut éventuellement apporter lui-même certains produits (par ex. : chemise en coton bio, rondelles de ouate bio, roses Max Havelaar, yog-hourt Bourgeon vert). Discussion en plénière : quels produits a-t-on découverts ? A-t-on découvert plusieurs labels différents ? Information concernant le film : ce film explique dans quelles conditions le coton bio est produit peut-être cela concerne-t-il le coton de la chemise apportée en classe. Regarder le film (25 minutes) Travail après avoir vu le film (90 minutes) Par petits groupes, répertorier les différents facteurs qui distinguent le coton bio du coton fabriqué selon les techniques courantes. (Pour faciliter le travail, selon le niveau du groupe : nommer éventuellement quelques termes-clés comme environnement, santé, aspect financier, aspect social, rôle de la femme, etc.). Noter les résultats sur une affiche et les comparer d’un groupe à l’autre. Affiche :
Chaque petit groupe choisit un produit bio parmi ceux qui ont été apportés (voir plus haut). Chercher sur Internet la signification du label de ce produit et quels critères il doit satisfaire concernant la qualité bio / le commerce équitable. Noter les points les plus importants (Pour faciliter le travail : distribuer une feuille sur laquelle figurent les points à satisfaire. Voir par ex. www.fairtrade.net, www.maxhavelaar.ch, www.transfair.de). Accrocher les deux affiches l’une à côté de l’autre et les analyser en plénière : quels sont les critères qui apparaissent dans le film ? Quels sont les aspects que l’on pourrait ajouter pour compléter le film ? Suggestions pour la poursuite du travail sur le site Internet www.filmeeinewelt.ch
Mireille Gugolz Outils pédagogiques permettant d’approfondir le travail
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